La région de Goma est la plus densément peuplée de République Démocratique du Congo, situation renforcée par les évènements tragiques des 15 dernières années. Les ressources forestières, déjà très sollicitées, ne suffisent plus à assurer les besoins des populations locales ce qui a entraîné une hausse importante du coût du charbon de bois et une dépendance de l’approvisionnement sur l’exploitation illégale et non durable des forêts du Parc National des Virunga (PNVi). Le PNVi est, le parc le plus ancien et le plus riche en biodiversité d’Afrique, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Il a connu ces dernières années des taux de déforestation alarmants.
Les principales raisons pour lesquelles les paysans et les propriétaires n’investissent pas actuellement dans des plantations sont :
- l’insécurité : on n’est pas sûr de récolter ce qu’on a planté ;
- le manque de capital à investir : une plantation d’Eucalyptus prend trois ans avant de générer les premiers revenus ;
- le manque de savoir-faire.
Les besoins estimés de la ville de Goma en bois-énergie dans les conditions actuelles représentent environ 476 000m3/an, soit environ 20 000 à 25 000 ha de plantations d’eucalyptus bien gérées. Le projet de reboisement communautaire EcoMakala (du Kiswahili Makala signifiant charbon de bois) a pour objectif la création d’au moins 4 000 à 5 000 ha de plantations en cinq ans. Le projet n’essaye donc pas de répondre à lui seul aux besoins énergétiques de Goma mais surtout d’agir sur les raisons pour lesquelles le reboisement n’a pas lieu actuellement et notamment de démontrer que la foresterie privée est une activité économiquement attractive, accessible même aux relativement petits propriétaires moyennant une assistance au démarrage, ainsi qu’à disséminer le savoir-faire au sein des associations et populations locales. Le projet vise donc la création d’une dynamique indépendante liée à l’intérêt économique intrinsèque à l’activité dans la région. Le projet EcoMakala est couplé à un ambitieux projet de diffusion des foyers améliorés à Goma afin de diminuer la demande en bois-énergie.
Bien qu’une collaboration limitée avec quelques gros propriétaires soit prévue, le projet vise en priorité les petits paysans disposant au maximum de quelques hectares à reboiser et souvent beaucoup moins, afin d’avoir un impact fort en matière de lutte contre la pauvreté et de développement local. L’objectif du projet est à la fois social et environnemental (i.e., déforestation évitée et préservation de la biodiversité).