Le cercle de Kita s’étend de la zone soudano-sahélienne au nord à la zone soudano-guinéenne au sud entre les isohyètes 700 à 1200 mm.
Ces dernières années, à cause des effets du changement climatique provoquant le réchauffement de la planète, les précipitations sont de plus en plus faibles, avec souvent des périodes inhabituelles de sécheresse ou des fortes précipitations provoquant des inondations. Ces effets sont combinés à une agriculture extensive avec des superficies de plus en plus grandes mais des rendements qui baissent d’année en année. Pour faire face au déficit alimentaire et aux autres besoins des ménages, les paysans font recours à l’exploitation des ressources naturelles, particulièrement le bois (bois de feu, bois de services, bois d’œuvre) et le charbon de bois.
Il y a moins de dix ans Kita était une zone enclavée. Avec l’ouverture des routes Kati-Kita et Kita-Diancounté Camara, Kita-Saraya (frontière Sénégal), Kita est devenu un réservoir d’exploitation de bois de chauffe, de charbon de bois (pour les villes de Kati et Bamako) ; de bois d’œuvres (Kaya senegalensis, Ptérocarpus erinaceus, Bombax costatum et Cordyla pinnata) pour la fabrication des meubles à Bamako, la fabrication des pirogues et pinasses à Mopti et Ségou et à l’exportation; le bois de service (bambous et rôniers) pour les cercles de Diéma et Nioro.
Il y aussi l’élevage extensif auquel s’ajoute l’élevage transhumant en saison sèche. Les communes du Nord de Kita ont constitué le bassin arachidier et la zone cotonnière de Kita; où les sols sont devenus extrêmement pauvres amenant les agriculteurs à se déplacer vers les communes du sud (des sous-préfectures de Sagabary et Kokofata principalement) à la recherche des terres de culture.
La dégradation des terres se fait sentir partout et nous assistons à la disparition de certaines espèces végétales et animales et l’assèchement des cours d’eau.
Il est donc temps pour le gouvernement malien de mettre en place avec la collaboration des autorités communales locales des plans stratégiques pour la gestion durable des forêts de Kita. En effet on y rencontre une multitude de forêts classées. Kita renferme également l’essentiel de la réserve de la Biosphère de la boucle du Baoulé classée patrimoine mondiale par l’UNESCO; les réserves de faune du Bafing et des chimpanzés de Limakolé.
Une bonne gestion de ces forêts par leur préservation, leur aménagement et l’augmentation de leurs superficies est salutaire pour le cercle; car les forêts malgré leur vulnérabilité aux changements climatiques, elles sont potentiellement capables d’en réduire les effets en séquestrant de grandes quantités de carbone, l’un des gaz à effet de serre.
Description du projet:
Ce projet portera sur la récupération des terres dégradées, la mise en place des bosquets villageois et de mise en défens dans le cercle de Kita. Il comportera deux volets: un volet principal (reboisement, lutte anti érosive, agroforesterie) et un volet de Stratégie pour la durabilité (Information et sensibilisation, Education environnementale et Diversification des sources de revenus).
Volet principal:
Ce volet est un volet de correction des dégâts anthropiques causés par l’exploitation abusive des ressources naturelles. Il comportera :
- Le reboisement: c’est la plantation des espèces locales et exotiques adaptées en plantations pures (pour les sols dénudées avec peu ou pas d’arbres), en enrichissement dans les jachères dégradées et les zones de mise en défens. Les plants seront produits en pots ou en racines nues par des pépiniéristes formés. Les trouaisons et les plantations seront faites par les agriculteurs avec l’appui technique de NEDEC. Les entretiens des plantations et de la zone de mise en défens se feront par regarnissage, ouverture de pare-feu et protection contre la divagation des animaux par la population locale. Deux hectares de terres dégradées et un hectare de bosquet villageois seront réalisés dans chaque village et hameau (690 Hectares de récupération de terres dégradées et 345 Hectares de bosquets villageois, soit 1 035 Hectares) et l’aménagement de la zone de mise en défens de 700 hectares et d’un hectare d’arboretum à Bendougouba. La superficie totale sera de 1 736 hectares.
- La lutte anti-érosive: elle sera menée dans les parcelles de culture avec des techniques de conservation des eaux et des sols dont les cordons pierreux et les diguettes sur courbes de niveau; mais surtout avec les haies vives essentiellement en pourghère qui auront une fonction multiple (lutter contre l’érosion , produire du bio –carburant, séquestrer du carbone). Dans chaque village, au moins 2 000 mètres de haies vives seront réalisés.
- L’agroforesterie: Par la plantation des arbres dans les champs. Ces arbres seront des espèces adaptées et avec des fonctions multiples telles le baobab (Adasonia digitata) pour ses feuilles et fruits), le Moringa (pour ses feuilles), le karité, le néré (Parkia biglobosa) pour ses fruits consommés comme condiments, le tamarindius indica, etc. Ces espèces ont aussi la particularité de séquestrer des très grandes quantités de carbone. Il sera réalisé 2 ha à raison de 20 à 25 plants par hectare selon l’état végétatif de la parcelle.
Volet Stratégie pour la durabilité:
Dans le souci de la consolidation des actions de reboisement et de récupération des terres dégradées, il s’avère nécessaire de prendre en compte les activités suivantes:
- Diversification des sources de revenus: cette dernière partie portera sur des activités génératrices de revenus en particulier pour les femmes pour diminuer ainsi la pression sur les ressources naturelles.
Elle portera sur le maraîchage (deux périmètres maraîchers par commune), l’aviculture (deux groupements par commune), l’embouche et l’élevage de petits ruminants.
Education environnementale:
Il concernera:
- Elaboration d’un document d’identification des espèces végétales et animales
- Formation des enseignants et élèves
- Formation des responsables villageois
- Sensibilisation sur les effets des résidus des pesticides
- Mise en place des comités de gestion des plantations par village et hameau.
Les Phases du projet: Information, sensibilisation, formation, Production de plants, plantation entretien, suivi des activités de diversification.
Objectifs:
- Récupérer les terres dégradées par la plantation d’arbres;
- Aménager les zones de mise en défens;
- Aménager l’arboretum de Bendougouba pour préserver la biodiversité
- Séquestrer du carbone pour diminuer les GES.
- Asseoir l’éducation environnementale à travers la diversification des sources de revenus afin de réduire les effets anthropiques sur les ressources naturelles.
Taille du projet: Le projet couvrira 12 communes avec 144 villages et 201 hameaux soit 345 entités.