Le projet de restauration et de reboisement vise la commune d’Ambalabe. Située dans la partie est de Madagascar, elle appartient à la région d'Atsinanana, dans la zone de Vatomandry et s’étend sur une superficie de 8 738 km2. La commune est munie de cinq fokontany composé de 7 607 habitants.
Les secteurs de production de la population se concentrent sur l’agriculture (i.e., la culture vivrière, maraîchère et culture de rente), étant la principale source d’activité de la population, puis l’élevage et l’artisanat. Compte tenu des reliefs accidentés de la région, les cultures sur tanety notamment le Tavy prédominent.
En terme de ressource naturelle, la commune est dotée d’une forêt naturelle, la forêt classée de Vohibe, d’une superficie de 3 117 ha. Elle se situe à l’extrémité sud du corridor Ankeniheny Zahamena. Par l’isolement géographique de la zone, cette dernière n’a pas encore fait l’objet de recherche scientifique. Toutefois, les inventaires biologiques initiés par MBG depuis 2004 ont permis d’approfondir les connaissances sur le site. Ainsi, la forêt d’Ambalabe est surtout caractérisée par des forêts denses de basse altitude et une multitude d’espèces de flore et de faune. Cette forêt constitue un site d’intérêt biologique et un site important pour la conservation.
Les ressources naturelles issues de la forêt de Vohibe fournissent des produits forestiers ligneux (bois de construction et bois de chauffe) et non ligneux (plantes médicinales et vannerie) à la population locale. Par conséquent, les pressions exercées sur la forêt regroupent le défrichement, les exploitations illicites de bois et la chasse. Aussi, la pratique d’agriculture itinérante accompagnée d’une déforestation massive menace la biodiversité.
Le projet en question envisage de mettre en place une plantation de 1 000 ha, intégrant à la fois des espèces autochtones, des espèces introduites et des arbres fruitiers. Il fixe comme objectifs d’assurer la pérennité des ressources naturelles de la forêt de Vohibe, d’améliorer les moyens de subsistance de la communauté et de contribuer à la réduction de GES. D’une durée de 30 ans, le projet sera mise en oeuvre conjointement avec la communauté locale.
La superficie correspondante à chaque type d’activités est de :
- 100 ha pour la restauration d’espèces autochtones à l’intérieur des zones dégradées de la forêt de Vohibe afin de favoriser la reconstitution de la forêt.
- 500 ha pour le reboisement d’espèces à croissance rapide (Eucalyptus). Etant donné que les matériaux de construction, la source d’énergie de la population locale proviennent de la forêt, le reboisement d’Eucalyptus permettra de résoudre les problèmes d’approvisionnement en bois et de réduire ainsi les menaces et pressions existantes.
- 400 ha d’arbres fruitiers et les cultures de rente, l’accessibilité de la zone favorise l’écoulement des produits vers le marché local, régional et national. En d’autre terme, cette branche d’activités peut procurer une source de revenu considérable pour les villageois.
La plantation de 1 000 ha sera répartie au niveau des cinq fokontany de la commune avec la mise en place 10 pépinières villageoises dont deux pépinières par fokontany Pour chaque pépinière villageoise, il est prévu une production annuelle de plants :
- 100 000 plants de culture de rente et d’arbre fruitier
- 500 000 plants d’espèce à croissance rapide
- 100 000 plants d’espèces autochtones
La densité moyenne de la plantation est d’environ 2 500 plants par hectare, mais ceci peut varier en fonction de l’espèce.